La fin du nerf

vendredi 12 août 2016

FOOTLOOSE

Au sortir de l'été, embotillé malgré moi mais tout dévolu aux petits plaisirs à durée déterminée, il m'arrive de ressentir avec stupeur la langue de plastique de mes jolies tongs entre mes doigts de pied chagrins. Je mesure alors le curieux effroi de ces amputés que démange encore leur membre disparu. Et là, ravi, je suis fier de ma délicieuse empathie. Mon gros orteil comme une fin du monde...

                                   G, pied tendre

 

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jeudi 16 juin 2016

ŒUVRES VIVES

Cette nuit, il a rêvé qu'elle faisait glisser lentement son index sur l'arête de son nez. C'était un bel éclat de rêve. Puis au matin, il a repris la mer pour aller caresser la rondeur du monde et pour être sûr. Et pour payer le loyer aussi.

                  L'homme qui murmurait à l'orée des chenaux

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jeudi 12 mai 2016

VOYAGE, VOYAGE

Les transports en commun, il est vrai, ne récoltent pas toujours mes suffrages. Dans une rangée longue comme un apéro-dinatoire, elle gisait à mes côtés, flanquée de son avatar dégénéré. Elle vociférait et déformait ainsi (si c'était encore possible) sa face de gauffre molle maquillée comme un panda essoré. Son regard chiasseux de Basilic mort-né louchait sur mon plateau-repas tandis que sa bouche crispée telle une pince épilatoire dévidait des torrents de rinçures. Réprimant des haut-le-coeur, je louais (une fois n'est pas coutume) le Grand Miracle numérique, heureux pourvoyeur d'autistiques casques audio. La lecture de la brochure duty-free m'apparut comme la dernière alvéole pulmonaire viable d'un noyé.

Elle n'aurait pas dû soulever de sa main velue un de mes écouteurs. Surtout pendant mon roboratif coma post-prandial. Carnage, chaos, rivières de sang et fleuves de larmes, deltas de haine et de fureur allaient déferler.

Et bien non.

Sans un mot, sereinement, avec célérité et grâce, j'abattis alors le tranchant de ma main sur son nez, projetant le maximum d'esquilles d'os dans son cerveau marécageux. Son rejeton, glaise pitoyable vomie par des regrets et autres phantasmes au rabais, ne moufta pas. Une bonne chose de faite.

Un profond soulagement m'envahit car en définitive, comme l'aime à le répéter mon grand ami Fullup: " il y a dans le sentiment de culpabilité une présomption démesurée."

                                                                                         Joe le taxi

 

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mercredi 4 mai 2016

RETIENS LA NUIT

L'esprit charbonneux mais bien conscient que la seule chose qui le raccrochait encore à son état de la veille était sa mémoire, Fullup décida de ne point l'utiliser. Aujourd'hui, proféra-t-il courageusement, j'ai décidé de ne rien faire. A tout hasard.

Demain,songea-t-il, je tenterai d'imprimer un nouveau style à ma vie. On va voir ce qu'on va voir, éructa-t-il avec sagesse.

                                                                 G, prince d'Atarax

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samedi 16 avril 2016

DEBOUT LES MORTS

Je me demande si ce ne serait pas comme le son d'une musique chorale qui tomberait de haut-parleurs en chantilly fleurie dissimulés dans un cône de lübeck en orbite autour de mon hypothalamus flapi.

Ou alors, c'est juste mon radio-réveil qui fait le malin. 

                                                                                                                              Niamreg Tsagud

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HIGHWAY TO HELL

L'enfer est paraît-il pavé.

J'avoue, c'est pratique lors des défilés urbains contestataires. En revanche, j'imagine que cela devient vite inconfortable chaussé des talons hauts.

L'idée serait donc de faire valoir son droit à manifester (avec un zeste d'ultra violence projetée de bon aloi) contre le pavement de l'enfer. D'une pierre, deux coups.

A vue de nez, l'intention me semble bonne.

                                                                                                                            Monsieur Barouf

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mardi 29 mars 2016

schtroumfitude way

Pour dire la vérité, j'ai un peu peur. Oui.Voilà. Sinon? Et?

Et puis l'autre jour j'ai vu l'indispensable qui ricanait, et les mots se contredisaient comme des vieux cons. Et c'était bien et j'avais honte et puis de belles choses aussi. Vieilles habitudes? Parfois l'idée me suffit.

                                         Anne de Bhurident

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lundi 29 février 2016

peigne ta girafe

Face à la démence comique de la réalité, il rabroue. Et pigne un peu. Pour autant, vieil irrésolu en constantes pétochardises, pétri d'incurables amitiés, il suave en dégénérences. il rétrécit au lavage comme une toge de posture et se drape d'orgueil sans révérences. Il flippe sa race et chasuble son Arlequin. Et parfois, un chouia énérvé, il vomit une hyène....

                                Maman

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vendredi 19 février 2016

DANSES DE CANARDS

Franchement, je préfère sa taille de guêpe à une chenille qui redémarre....

                                                                                           M. Oulhaeuppe

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PULVÉRULENCE

DOIS-JE EN JURER ? TRISTES ÂMES, TICTAQUANT À MESURE, TUDUIANT ET NALYSANT EN BALLAST. ET VOUS AUTRES, MOI DEMEURANT,   GOURGANDINES À LA CANTONADE, SUPREMES DE GEOLIESSES ET DE COLÈRE POUR RIRE, ET PUIS UN PEU DE FILS BLANCS POUR FAIRE MIME.  ET C'EST AINSI QU'ON VA À QUATRE CHEMINS. JE M'ENDISCIPLE COMME UN CON, MAIS RËVE ENCORE COMME UN ROND.

                                            G, comptant fleurette

                              

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mardi 16 février 2016

D'autres vies que la mienne.

Sa vie n'était qu'oxymores. Lui qui rêvait de zeugma.

Anne Hacolutte

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Métaphysique cognitive (2)

Je n'ai pas trop de temps, mais, en deux mots : à force de patience, d'observation, d'attention et de tenacité, on peut faire de sa vie quelque chose de bien.

Bon, je dois vraiment y aller, maintenant.

Roger Rapide

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lundi 15 février 2016

Fat fat fat fat fat fat fat fat fat... your turn...

"Prendre de la hauteur !! C'est tellement idiot ! Non seulement ça peut être dangereux, mais en plus, une fois là-haut, on ne peut plus attraper tout ce qu'on ne voyait pas d'en bas !"

Fort de cette certitude, Monsieur R. se dépêcha de se rendre à son conseil d'administration. "Je vais te la couler, ta boîte de merde !!" Et s'en était fait du sort de cette maison d'édition.

La mine satisfaite du parfait fat, il passa une bonne fin de journée. C'est bon, des fois, de sentir sa peur mener le monde.

 

 

Madame R.

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MA TÉNÉBREUSE

Je l'épiais, iris en dévoration et conques aux abois. Chantante et nue, ses doigts graciles l'accompagnaient et dansaient sur le nacre patiné. Et tandis qu'un labyrinthe perdu de Bach en pinçait pour ses cordes vocales, je pistais de nouvelles danses prometteuses. Paré de l'ivresse d'un bon grain de son, cherchant une contenance, j'origamisais un haiku en étendant le linge. Et c'était bien.

                                   Valentin

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dimanche 14 février 2016

TECHNORÉAC

Naguère, tout en démonstrative colère, il abattait rageusement le combiné sur les fourches sonores du téléphone en bakélite marronnâtre. Aahhh, jouissive catharsis. À présent, il virgule névrotiquement sur un écran tactile avec son petit doigt agacé. Tout cela manque sérieusement de gueule. Plus encore, frustré comme un géranium embalconné, il rêve de chiffonner un mail et de le jeter aux visages de ces plumitifs idolâtres numériques. Plus le monde est digital, moins il nous touche.

                                                            the schizoïde blogueur pontifiant

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vendredi 12 février 2016

LA SOLITUDE DU ROND DE FLAN

En pleine thérapie occupationnelle, tentant d'idéaliser le poids de mes paupières, j'ai encore rêvé de confettis...

Ce doit être mon côté multi-tachiste.

                                  Un enlumineur de fond

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dimanche 7 février 2016

ENFERS ET CONTRE TOUS

Ce matin, gueule de Pollock délavé aux mandibules carminées, je corééise du Nord à qui mieux mieux. Alors m'emmerdez pas avec le coup du village global, du fucking monsieur Rézossossio et du tri sélectif (entre autres). Mon grand ami Fullup aimait à rappeler que le chemin de l'excès est la voie du palais de la sagesse. Je pense qu'il a été génétiquement modifié (petit veinard). Sinon malgré une humeur de pudding renversé, j'ai passé une excellente soirée. Merci.

                                            Le chanteur en canon

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samedi 6 février 2016

LACRYMAL ACQUIS

Est-ce le comble de la pingrerie ? Est-ce du vol qualifié, un art consommé de la négociation ou une simple et triste arnaque ? Je ne saurais le dire. Quoi qu'il en soit, j'ai enfin réussi à obtenir une larme à l'œil. Voyant que même la gratuité pouvait s'offrir des vacances low-cost, ma collègue Raymonde Pandore s'est ruée dans la brèche et a ouvert sa propre boîte, une petite start-up de location d'espoir sans permis.

                                              Iris Clin

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jeudi 4 février 2016

A CORPS PERDU

Non ! dis-je à Fullup, se couper les cheveux ou les ongles ne relève pas nécessairement de l'auto-mutilation. Parfois mon grand ami Fullup s'évide et s'enténèbre mais comme tout le monde il s'épluche pour être comestible.

                              M. Narcisse

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ANATOMIE DU TENDRE

Et toujours l'aine amie complote... Il est vrai que tous ces mouvements de aine tendent à me crisper. Cette danse me cabre et me dresse contre. Pourtant, si je ne viole que très rarement les lois de l'attraction, clouer quelques instants aux cieux une petite aine farouche dessille mes vœux.

                                                      Le démon de Vénus

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